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Mon premier marathon

Hier, après des mois et des mois d’attente et après des semaines et des semaines de préparation, je prenais le départ de mon tout premier marathon.

Comme Paris avec ses 49000 coureurs et la longue attente dans le sas de départ n’est pas forcément ma tasse de thé, j’avais de longue date décidé que je commencerais avec un marathon à taille humaine et c’est finalement sur Annecy que j’ai jeté mon dévolu. Le charme du paysage et une organisation au label international m’ont convaincue. Il est aussi réputé roulant et sans difficulté majeure.

Même si je m’étais bien dit que l’objectif principal c’était de passer la ligne d’arrivée sans me dégoûter de la course à pied et que du coup je me suis mise le moins de pression possible, la distance est tellement mythique que c’est difficile de ne pas stresser un peu. En particulier, la semaine précédant la course où tout le monde bon courage comme si vous partiez au front.

Nous avons donc pris le TGV samedi matin en direction de la Venise des Alpes. Après avoir mangé et déposé nos sacs dans notre Air BnB nous avons pris le bus vers le nord de la ville pour récupérer mon dossard. Le retrait des dossard est assez excentré ce que nous n'avions pas réalisé avant d'être sur place. Nous avons alors appris qu’ils avaient eu un souci de livraison avec les t-shirts. Quel est l’intérêt de courir un marathon si on ne peut pas parader ensuite avec le t-shirt finisher lors de ses sorties du week-end ? Haha. Petite déconvenue sur ce point (d’autant plus que l’année dernière, un problème similaire avec les médailles avait fait grand bruit) mais j’espère que les organisateurs pourront réparer ce contretemps.

L’après-midi file vite et il nous reste 1h pour faire un petit tour dans la ville. Mes jambes n’auraient de toute façon pas pu encaisser plus pour rester fraîches pour le lendemain. Le centre historique est charmant et la concentration de glaciers est alléchante. Nous avons fait les courses pour le diner et je suis rentrée me reposer tandis que monsieur est parti pour une sortie trail de 3h jusqu’à la tombée de la nuit. Le soir, la pasta party était évidemment de mise.

Seffie en amoureux devant le lac et la montagne

La Venise des Alpes

Dimanche matin réveil à 6h pour un petit déjeuner de championne mais assez léger pour éviter tout souci de digestion. Ensuite je me suis recouchée jusqu’à 7h pour optimiser mon temps de sommeil. Tartinage généreux de Nok et enfilage de tout mon équipement méticuleusement préparé la veille. La pression monte gentiment mais jusqu’ici tout va bien. On rejoint le départ en trottinant histoire d’annoncer au cerveau qu’il est bientôt l’heure d’envoyer du pâté. Ça me fait un kilomètre d’échauffement, parfait.

Le racepack religieusement préparé la veille

Au départ, on rejoint la cousine de Yoann et sa famille qui n’habitent pas très loin et sont gentiment venus nous faire un petit coucou. Je découvre que je me suis inscrite dans le sas 4h, à l’époque j’avais du vouloir la jouer safe mais du coup ça risque de partir un poil lentement. Ce n’est pas grave, le coach l’a dit et répété, mieux vaut partir trop lentement que trop vite et surtout se montrer patient sur les premiers kilomètres, pas de slalom.

Prête à prendre le départ devant le lac

Avant le départ j’essaye de me positionner le plus à l’avant possible du sas et je n’ai pas le temps de réfléchir bien longtemps car déjà ça part. Le premier kilomètre est une petite boucle en ville pour étirer le peloton. J’en profite pour rattraper et dépasser les meneurs d’allure 4h que j’espère garder derrière moi jusqu’à la fin. On se dirige ensuite vers le lac et le kilomètre suivant on arrive sur la piste cyclable qui va nous accompagner sur quasi tout le parcours.

Dans le sas juste avant le départ

Les 10 premiers kilomètres passent très vite. Les conditions sont vraiment idéales. Le soleil est avec nous, il fait frais comme j’aime. Je suis partie avec mes gants mais je les ai rangés au bout de 3km. L’allure est facile, je fais attention à ne pas me laisser emporter par l’euphorie. Jusqu’ici tout va bien.

Au 8ème km je sors ma première barre Baouw, je prends ma première bouchée et je la range pour plus tard (mon plan nutrition c’est 2 barres et demi à répartir en petites bouchées tous les 4-5km et deux gorgées d’eau tous les 2km). Sauf qu’avec les oscillations, deux foulées plus tard… Bim ! La barre saute de mon gilet et atterrit par terre. Je fais donc rapidement volte face pour la récupérer et manque de me faire écraser la main. Je la rerange et cette fois je serre bien pour la bloquer. Ce petit épisode aura fait monter inutilement mon cardio quelques minutes mais il n’y a pas de bonne course sans une petite mésaventure.

Du 10 au 15 je commence à trouver le temps un peu long mais bon je suis toujours très bien. Juste avant le 15ème nous passons dans un tunnel et à la sortie… Wahou ! On en prend plein les yeux alors que la deuxième partie du lac s’ouvre devant nous. Au 16ème on croise le peloton de tête qui est déjà sur le retour. Au 20ème les premiers signes de fatigue se font sentir et je sens que le vent se lève (ou peut-être que nous l’avions dans le dos tout ce temps s’en vraiment s’en rendre compte ?).

La vue à la sortie du tunnel (la photo ne rend pas justice à la beauté du paysage)

Je passe le semi avec à peine 1 minute de retard sur ce que j’avais prévu. Jusqu’ici tout va bien. Je suis rassurée pour la suite. Si je continue sur ma lancée, l’objectif est dans la poche. J’envie tout de même un peu les coureurs en duo qui en ont déjà fini mais je sais qu’une grande joie m’attend au bout.

Avec ce vent de face assez froid, je suis bien contente d’avoir mes gants sur moi et de les ressortir car je commence avoir le bout des doigts glacés. Les jambes commencent à être un peu lourdes et le vent n’aide pas, aussi j’ai du mal à garder mon allure de 5’30’’ mais je fais de mon mieux pour me maintenir autour des 5’40’’.

Allures au kilomètre tout au long du marathon

Je dois m’arrêter au km25 pour me ravitailler en eau, je rempli une de mes deux gourdes puis je m’arrête au km34 à nouveau pour remplir la deuxième. Je perds un peu de temps mais au moins je me suis bien hydratée durant toute la course et je pense que cela m’a bien aidé à garder la pêche jusqu’à la fin (ça et les 4’ de gainage quotidien depuis janvier ;) ). Jusqu’ici tout va bien.

Mon amoureux me rejoint juste après ma pause eau pour m’encourager sur les derniers km et dieu sait si j’en avait besoin car à partir de ce moment, ce fut très très long. J’avais très mal aux cuisses, quadriceps et isquios très raides et chaque foulée était un peu plus difficile. J’essaye de garder la meilleure posture possible mais les foulées se font plus courtes. Je fais de mon mieux pour m’accrocher à mon Yoann qui s’emploie à me maintenir au plus près de ma cible. J’avais juste envie d’atteindre cette fichue ligne d’arrivée et de m’allonger et ne plus jamais sentir mes jambes.


Encore pimpante sur les 5 derniers kilomètres ;)

Arrivée au 40ème je sais que c’est gagné, la fin c’est dans la tête mais pourtant les jambes ne se laissent pas si facilement oublier. Yoann continue de me suivre du mieux possible mais maintenant derrière les barrières. Le public est très nombreux sur la fin du parcours et on est beaucoup encouragés. Nombreux sont ceux qui nous encouragent avec notre prénom inscrit sur le dossard. Rien de tel pour donner des forces mais quand on est émotive comme moi les larmes montent aussi et difficile de continuer à gérer sa respiration quand l’émotion prend le dessus. Je me concentre pour bien souffler et ne pas partir en sanglots.

Au 41ème km Yoann m’encourage à suivre deux coureurs qui viennent juste de me dépasser. Une nouvelle fois le bon esprit sportif est au rendez-vous puisqu’entendant cela ils se tournent vers moi « Allez Marie, viens avec nous, accroche toi » et le monsieur m’a encouragé jusqu’au bout en veillant à ce que je ne lâche pas l’affaire. C’était vraiment super. C’est toujours un plaisir de se serrer les coudes entre coureurs dans ces moments un peu plus difficiles. Au 42ème, on sait que seulement 195 mètres nous séparent de l’arrivée. C’est long et tellement proche à la fois. Sur les derniers mètres on arrive sur un tapis rouge comme des stars et enfin je passe sous l’arche.

195 mètres, c'est le moment de lâcher ses dernières forces dans la bataille


Avec la médaille finisher :D

C’est le moment où on peut tout lâcher et savourer ce qu’on vient d’accomplir. Je suis tellement contente d’avoir relevé ce défi, de faire maintenant partie de la famille des marathoniens et d’avoir en plus atteint mon objectif chronométrique. Que du bonheur. Un peu de souffrance physique sur la fin de course (mais c’est ça aussi qui fait tout l’enjeu, c’est d’aller un peu toucher du doigt ses limites) mais tout du long le sourire et le plaisir de courir. Je ne pensais pas vivre aussi bien la course, je m’attendais à souffrir (beaucoup) plus. Je pense que le cadre très plaisant et la météo très clémente a aussi joué un grand rôle. Je suis contente d'avoir réussi à passer sous la barre des 4h au premier essai et à m'être placée dans le premier quart féminin. Ça me donne encore plus envie de continuer et de progresser dans les années à venir !

On ne s’attarde pas trop sur place, on a un timing assez serré, et ça tombe bien car mieux vaut marcher le plus possible même si c’est très dur pour aider les muscles à récupérer. Une bonne longue douche chaude plus tard et direction La Bicyclette Rose, le meilleur brunch d’Annecy d’après mes recherches web. Il y avait encore la queue quand on arrive mais on attendra pas si longtemps. Le décor est très joli, le personnel au petit soin, sur la carte les produits sont les plus locaux possible et parfois bio. Tout ce qu’on aime. On a pris deux formules brunch qui était extrêmement copieuses, on est repartis complètement blindés et avec un doggy bag. Quel plaisir après l’effort ! Dommage qu’on était un peu pressés et qu’on ait dû manger un peu plus vite que ce qu’on aurait souhaité pour filer à la gare. Je vous recommande cette adresse si vous passez dans le coin.

Extrait du brunch


A table devant les victuailles et des petits yeux fatigués

Maintenant place à la récup. J'ai eu des courbatures partout (mais surtout aux cuisses) pendant 48h. Le mardi ça allait déjà nettement mieux et mercredi plus aucune trace de douleur. Bien sur, cela ne veut pas dire que je peux reprendre, je reste encore quelques jours à 0km afin que mes articulations et tissus se régénèrent complètement. Puis je reprendrais tranquillement avec quelques footing avant de repartir sur des séances classiques.

Dès le mois de mai en route pour la saison trail avec cette année de très très belles courses au programme, hâte d'en prendre plein les yeux (et les jambes) ! Et aussi un stage de trail au Lioran encadré par le coach trail du club qui promet d'être très intense mais aussi très intéressant ! J'espère pouvoir partager cela avec de jolies photos =D

Course : Marathon du Lac d'Annecy (74)
Date : 14/04/2019
Distance : 42,195km
Temps : 3h57'08"
Classement : 1465/2714 au scratch, 187/766 au classement féminin et 85/312 SEF

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